Banques et assurances : des métiers différents dans un univers de plus en plus commun
Banques et sociétés d’assurances continuent de se rapprocher. Ce qui explique en partie l’évolution de leur recrutement. En partie seulement, car chaque métier conserve ses spécificités et doit faire face à la fois à la concurrence et aux besoins inédits des clients. D’où la recherche de nouveaux profils.
C’est une tendance de fond. Désormais, on est banquier et assureur ou assureur et banquier, mais rarement l’un sans l’autre. Dans ce contexte, le périmètre des embauches s’est élargi, comme le confirme Nathalie Rauhoff, responsable du recrutement du Groupe Crédit Agricole SA : « C’est vrai que nous recrutons des candidats issus du monde de l’assurance pour nos filiales d’assurance Pacifica et Predica, même si l’essentiel de nos besoins porte sur des commerciaux pour la banque de réseau. »
Denis Le Chaffotec, directeur des ressources humaines d’AGF Finance Conseil Sud Atlantique, revient sur l’évolution décisive qui a vu un assureur devenir banquier et sur son impact en termes de recrutements : « Le virage stratégique s’est opéré pour nous en 1990, avec notre arrivée sur le segment de la gestion des comptes titres en Bourse. Dès lors, il devenait évident que nous allions devenir banquiers. La banque AGF Finance Conseil est née en 1997 de ce positionnement initial. Aujourd’hui, banque de détail en ligne, AGF Finance Conseil recrute des profils typiquement bancaires, le plus souvent dotés d’une solide expérience. Il s’agit principalement de conseillers financiers et patrimoniaux. »
La Macif, elle aussi, « se développe vers de nouveaux métiers, comme c’est le cas avec les métiers bancaires, précise Dominique Renoux, le directeur des ressources humaines de la Macif. Nous disposons d’ores et déjà d’une offre de crédit automobile et nous proposons depuis le 1er janvier 2007 un crédit à la consommation dans tout notre réseau national. De même, nous poursuivons nos projets de partenariat avec la MAIF et les Caisses d’Epargne pour le développement d’une offre bancaire. »
Si cette « double casquette » fait des uns et des autres des employeurs aux attentes identiques, les métiers de la banque et ceux de l’assurance restent très différents. Il faut vendre aux mêmes clients des produits et services dont le marketing et la vente demandent des compétences singulières.
Un point commun : vendre et satisfaire le client
D’un côté comme de l’autre, l’heure est à la conquête de nouveaux clients face à la concurrence nationale et internationale. D’où l’attrait soutenu des DRH pour les profils commerciaux. Dominique Renoux en atteste : « Nos besoins aujourd’hui, et à l’avenir, sont majoritairement orientés vers des fonctions commerciales pour faire face à la compétitivité croissante du marché. » Et le ton est le même partout. Denis Le Chaffotec insiste sur l’importance des qualités de vendeur chez les candidats : « Nous recherchons des techniciens ou cadres patrimoniaux haut de gamme dotés de fortes capacités commerciales. » Même la GMF, pourtant peu agressive commercialement, s’est récemment dotée d’une force de vente « volante », comme l’explique Isabelle Ecckhout, responsable du pôle développement RH au sein de la Garantie Mutuelle des Fonctionnaires : « Nous avons créé en 2006 une force commerciale de 80 conseillers chargée de se rendre sur le lieu de travail de nos sociétaires (hôpitaux, centres des impôts…) pour déclencher des rendez-vous en agence. »
Mais, pour les uns comme pour les autres, vendre ne suffit plus. Il faut satisfaire le client tout au long de sa vie de client. Cela implique de mettre au point des produits toujours plus performants, donc plus complexes, et de réaliser ensuite un sans-faute dans la gestion de la relation client, de plus en plus informatisée. Denis Le Chaffotec en convient, les métiers se sont grandement spécialisés : « C’est la raison pour laquelle nous augmentons sans cesse la qualité de nos recrutements L’environnement bouge beaucoup, les produits évoluent vite et deviennent de plus en plus précis. »Nathalie Rauhoff est du même avis : « Pour la banque, nous sollicitons aussi des profils de spécialistes, experts en finance, en statistiques, en informatique, en audit… De la même manière, notre pôle assurance a besoin de collaborateurs capables de gérer et prévoir le risque ou d’établir des tarifications. Ainsi, les actuaires (qui calculent les primes à partir des risques encourus par telle ou telle catégorie dans un environnement donné, NDLR) nous intéressent beaucoup. »
Même demande de la part d’Anne Cassac, responsable développement RH de Swiss Life : « Nous recherchons quelques profils d’experts, notamment dans le domaine de l’actuariat. » Mais c’est sans doute sur la relation client, en termes de volumes, que les embauches seront les plus nombreuses. « La GMF recrute pour tous ses canaux de relation client, physique en agence, par téléphone ou en ligne », indique Isabelle Ecckhout. Ces besoins, qui s’expriment déjà, vont connaître une forte augmentation dans les années à venir du fait des départs massifs en retraite. « Nous nous renforçons sur l’alternance pour nous y préparer », reprend Isabelle Ecckhout. « Les caisses régionales du Crédit Agricole prévoient de recruter 35 000 personnes d’ici à 2014 ! », ajoute Nathalie Rauhoff. De quoi aiguiser quelques appétits d’embauche !
Marie Paire
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